CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS) CINÉMA CE MERCREDI : "REWIND AND PLAY" (FESTIVAL DES 3 CONTINENTS)
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À trois sur le gazon

Le 10 novembre 2022 — par Trempo

MagiC Carpets est de retour à Trempo. Les artistes Lucia Bricco, Chloé Malaise et Gwendal Briec, sélectionné·es dans le cadre du projet européen pour cette édition 2022, tracent un pont entre architecture dure, propre au quartier de l'île de Nantes, et expérimentations pures, sonores, technologiques et vocales. Vernissage et performance à découvrir ce mardi 15 novembre.

En cet automne grisâtre, au cœur des quelques mètres carrés qui composent l’intérieur du bus encastré sur la terrasse de Trempo, les artistes Lucia Bricco, Chloé Malaise et Gwendal Briec s’affairent à leurs affaires. Déjà trois semaines que le trio convoqué sous la bannière du projet européen MagiC Carpets y vit studieusement en résidence. Un tapis de faux gazon habille le centre de leur espace de travail. « C’est une sorte de meeting-point. On a installé ce tapis avec ironie pour  proposer un pique-nique lors de notre premier rendez-vous avec les étudiant·es des différentes écoles partenaires de cette résidence. Comme notre travail consiste à se poser des questions sur cette île de Nantes aujourd’hui faite de buildings et de béton, cela nous apparaissait contradictoire d’y organiser un pique-nique… », nous précise Chloé Malaise. Sur les murs gris de l’habitacle : des fils rouges, jaunes et bleus sont tendus, des photos en noir et blanc de bateaux punaisées, des plans et des croquis accrochés. Par ici, une canette vide. Par là, quelques disques vinyle vierges. Des classeurs et beaucoup de papiers aussi. Plus que quelques jours avant le grand déballage et la restitution des artistes à la galerie de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes.  

Une « contamination artistique » naturelle 

Après une première rencontre en septembre, les trois artistes ont décidé pour cette résidence, placée sous le signe de l’ouverture et de l’expérimentation au cœur de l’île de Nantes, de conjuguer leurs pratiques pour développer trois projets distincts. « Plutôt que d’envisager des points artistiques communs et de s’engager vers un projet central commun, nous avons opté pour une « contamination naturelle » de nos pratiques et le partage de nos valeurs. Chacun a su absorber la générosité des uns et des autres pour y développer son propre  projet », souligne Lucia Bricco, artiste performeuse originaire de Turin.

Pour son projet, Lucia a articulé son travail autour d’une collaboration avec un groupe de neuf étudiant·es de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes. « L’idée est de faire se croiser l’urgence créative propre aux jeunes artistes contemporain·es avec celle liée à la construction de bâtiments neufs dans la politique urbaine d’un nouveau quartier comme celui de l’île de Nantes. Le principe d’urgence de production en somme. Comment les corps peuvent servir d’instruments dans ce décor, quels sont les différents sons qu’ils peuvent produire dans une situation d’urgence. » Diaphragmes, larynx, langues ont été dessiné à plat par les étudiant·es, symbolisant ainsi une carte du son figurative propre à  chacun. Une performance restituera ce travail sonore et corporel, et sera amplifié par un matériel industriel propre à l’histoire navale du quartier.  

Une embarcation éclairante 

D’histoire et de naval, il est également question dans le travail de Chloé Malaise. Développant déjà un projet artistique s’attachant à examiner notre environnement hyper électronique et matériel via des installations sonores et visuelles, la Nantaise a décidé de produire une œuvre « pour faire porter la parole des travailleurs qui ont fait l’histoire de l’île de  Nantes ».

Après plusieurs rencontres et recherches à la Maison des hommes et techniques,  institution peu connue du grand public qui siège dans le bâtiment des Ateliers et Chantiers de Nantes (site des anciens chantiers Dubigeon), l’artiste s’est attelée à la  production miniature d’un monument enfoui dans les archives du musée, ; une structure pensée il y a des années et n’ayant jamais pu voir le jour. « Il s’agit de la maquette d’un tronçon de bateau, formé à la manière d’un échafaudage, que j’ai imaginé en métal et qui sera composé de raccords tubulaires, comme un écho aux scénographies des festivals musicaux. Des néons criants  entoureront la structure. » Éclairant et strident. 

Une récit sonore et dessiné  

À la fois illustrateur et musicien, Gwendal Briec nous explique « avoir rarement eu l’occasion de se sentir stimulé à ce point et si rapidement » et ajoute que « c’est là tout l’intérêt de la résidence ». Il faut dire qu’avec un rythme de production de cinq à six planches par jour, son travail se joue en accéléré ces dernières semaines. « J’avais l’ambition première de faire un livre avec de la musique.  J’ai du quelque peu réadapter mon projet mais j’ai réussi à créer une histoire autour de cette expérience à trois artistes. On a beaucoup échangé de manière naturelle avec Chloé et Lucia, en  partant des choses banales du quotidien. Ce sera une forme d’autofiction en bande dessinée, le  partage d’une interprétation des relations entre chaque artistes. »

Pour compléter cet ouvrage, celui qui est musicien électronique sous le pseudo Montaag produit également un disque vinyle, « sorte  de bande-son de la résidence », sur lequel couches de synthétiseurs et propos de Chloé Malaise et Lucia Bricco s’entremêleront. « J’ai réalisé deux interviews espacées des artistes et leur ai simplement posé deux questions très larges. C’est une manière pour moi de concrétiser la part humaine de notre collaboration. » 

Vernissage 
Mardi 15 novembre à partir de 18h30,
École des Beaux-Arts de Nantes – 2, allée Frida-Kahlo, 44200 Nantes
Entrée gratuite

Exposition 
Du 16 au 18 novembre, de 14h à 18h
Galerie Open School – École des Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire
Entrée gratuite

Plus d’infos


Rédaction : Ismaël Martin. Photos : Amandine Loget

MagiC Carpets est une plateforme qui réunit plusieurs organisations culturelles en Europe. Elle offre l’opportunité à des artistes émergent·es de partir en résidence dans des pays partenaires, créer des oeuvres avec d’autres artistes et des communautés locales. Trempo a rejoint MagiC Carpets depuis 2020. 

Pour Trempo, Magic Carpets est aussi l’occasion de travailler avec les écoles du quartier de la création : l’École des Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire, l’École de Design Nantes Atlantique et l’École Nationale Supérieure d’Architecture. À travers cette collaboration inédite, l’objectif est d’inviter les étudiant·es à participer à un projet de création artistique collaboratif.

magiccarpets.eu